Dejan Demirovic (Kosovo)

En 1999, alors que Slobodan Milosevic était encore au pouvoir à Belgrade, des troupes policières et paramilitaires serbes ont lancé une campagne pour faire fuir les musulmans albanais du pays. En mars 1999, Dejan Demirovic, un membre du groupe paramilitaire « Les scorpions » était présent lorsque 19 personnes furent assassinées dans la ville kosovare de Podujevo.

 

Dejan Demirovic a avoué avoir participé au massacre et fut arrêté par les autorités serbes. Toutefois, les charges portées contre lui furent abandonnées. Après la chute de Milosevic, un autre membre des Scorpions, Sasa Cvjetan, fut trouvé coupable d’avoir participé au massacre.

Demirovic a fui au Canada en 2001 chez ses parents à Windsor en Ontario et a demandé le statut de réfugié. En janvier 2003, les autorités canadiennes ont arrêté Demirovic en vertu d’un mandat d’arrêt émis contre lui par le gouvernement serbe. Afin de mieux servir la justice, le CCJI a demandé au Gouvernement canadien que Demirovic soit extradé vers la Serbie sous réserve de certaines conditions ou qu’il soit jugé au Canada en cour criminelle.

Demirovic a nié avoir participé au massacre, arguant avoir tenté de persuader un des commandants de laisser partir les civiles. La Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada a par contre jugé Demirovic complice de ce massacre. En 2005, après que ses demandes d’asile et de statut de réfugié eurent échouées, il fut déporté en Serbie. Il a finalement fait l’objet de poursuites à Belgrade mais les accusations ont été abandonnées contre Demirovic quand il est devenu témoin coopérant, et les quatre autres scorpions ont été condamnés à vingt ans de prison. L’ancien vice-ministre de l’Intérieur serbe Vlastimir Djordjevic a également été reconnu coupable par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie d’implication dans le meurtre de civiles albanais au Kosovo en 1999.

Entre temps, la CBC a diffusé un reportage sur Saranda Bogojevci, une jeune fille ayant survécu au massacre des 14 membres de sa famille à Podujevo et qui est venue au Canada afin de traduire en justice les responsables des crimes dont elle a été témoin.

 

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