Jean-Claude Duvalier (Haïti)

Jean-Claude « Bébé Doc » Duvalier fut président en Haïti de 1971 à 1986.  Il prit pouvoir après le décès de son père, François Duvalier, dit « Papa Doc » alors qu’il n’avait que 19 ans. Sa dictature fut marquée par de violations généralisées des droits de l’Homme y compris l’utilisation de la torture, les exactions et les meurtre et la corruption massive. Les escadrons de la mort, les redoutables Tontons macoutes créés durant le règne de Papa Doc ont continué à semer la terreur. À la suite d’une insurrection populaire en 1986, Bébé Doc s’exila en France avec une fortune estimée à plusieurs millions de dollars.

De plus amples informations sont disponibles sur le site web: l’Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti

En janvier 2011, Bébé Doc Duvalier a fait un retour surprise en Haïti. Quelques jours plus tard, il a été inculpé de crimes financiers, et un juge d’instruction a prétendument examiné sa responsabilité pour les violations des droits de l’Homme. Le Groupe de travail du CCJI à Montréal avec le Centre International de criminologie comparée et le Comité contre l’impunité et la justice en Haïti a aidé dans ce processus en recueillant les témoignages de survivants du régime Duvalier qui vivent maintenant à Montréal.

Le 31 janvier 2012, le juge d’instruction a annoncé que Duvalier serait jugé pour détournement de fonds, mais pas pour son implication dans des crimes contre l’humanité. Cette décision a été prise, malgré la présence de preuves importantes sur le rôle de Duvalier dans les violations des droits de l’homme. Les survivants et les familles de victimes ont interjeté appel de la decision. Après que Duvalier ait refusé d’assister à des sessions précédentes devant la Cour d’appel comme il était tenu de le faire, la Cour a menacé d’arrêter l’ancien dictateur. Il s’est enfin présenté devant la Cour le 28 février 2013, et a répondu aux questions sur la torture, les meurtres et les autres exactions commises sous son regime. Le Center for Justice and Accountability, basé aux É.U. a soumis un amicus curiae auprès de la Cour d’appel, faisant valoir qu’il n’y a aucun délai de prescription pour les crimes contre l’humanité et par consequent, c’est à tort que le Tribunal de première instance avait rejeté ces accusations. Le CCJI ainsi que d’autres organismes de droits de l’homme de diverses régions du monde, ont signé le mémoire de l’amicus.

Le 20 février 2014, la Cour d’appel de Port-au-Prince a annulé le jugement et ordonna qu’une enquête plus approfondie soit menée dans cette affaire. La decision historique de la Cour d’appel reconnaît que les crimes contre l’humanité font partie du droit interne haïtien; qu’ils ne sont pas sous reserve de tout délai de prescription et que c’est la responsabilité de l’État de mener des enquêtes et poursuites de ces crimes. Duvalier est décédé octobre 2014 d’une crise cardiaque.

Mémoire d’amicus curiae signé par le CCJI

BRISER LE SILENCE : Les victimes haïtiennes de Jean-Claude Duvalier ne doivent pas opter pour le silencePar Jo-Anne Wemmers, Ph.D, Professeure, École de criminologie, Université de Montréal, Présidente du Groupe de travail à Montréal, du Centre Canadien pour la Justice Internationale.

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