HudBay (Canada/Guatemala)

Des communautés autochtones Maya Q’eqchi au Guatemala ont été chassés de leurs terres pendant la guerre civile. Certaines de ces terres ont ensuite été cédées par la dictature guatémaltèque aux sociétés minières. Ces terres font partie d’une zone accaparée par le projet Fenix, une opération à ciel ouvert de mines de nickel. HudBay Minerals Inc. est une société minière canadienne dont le siège est à Toronto. En 2008, HudBay a acquis le projet d’exploitation minier Fenix ​​d’une autre société canadienne, Skye Resources, basé à Vancouver.

En 2006, les membres des communautés Maya Q’eqchi ont occupés plusieurs parcelles de terre revendiquées par le projet Fenix qu’ils considèrent comme étant leur propriété ancestral. Depuis lors , la police, les forces militaires et de la sécurité privée les ont expulsés de force, réduisant en cendres une centaine de maisons. En janvier 2007, Rosa Elbira Coc Ich, Margarita Caal Caal et d’autres femmes Maya Q’eqchi ont subi des viols collectifs perpétrés par des membres des forces de sécurité gouvernementales et privées.

En septembre 2009, il y avait plusieurs manifestations liées aux préoccupations concernant de nouvelles expulsions forcées. Adolfo Ich Chaman était un leader respecté de la communauté Maya Q’eqchi. Selon les témoignages, des agents de sécurité privés employés par la mine l’ont battu a coups de machettes puis lui ont tiré dans la tête à bout portant. Il est décédé peu de temps après.

Le chef de la sécurité pour du projet Fenix, qui aurait tiré sur Adolfo Ich, aurait été  également impliqué dans une autre fusillade plus tôt ce jour-là. Germán Chub Choc était en train de regarder un match de football dans un champ près de l’enceinte Fenix. Un groupe d’agents de sécurité armés se sont approchés de lui et le chef de la sécurité aurait tiré sur lui avec un pistoletÀ la suite de ses blessures, Germán est désormais paraplégique et a perdu l’usage d’un de ses poumons.

En 2010 et 2011, trois plaintes ont été déposées en Ontario contre HudBay concernant les viols collectifs et les fusillades perpétrées par Adolfo Ich et Germán Chub. Les demandeurs allèguent que HudBay et Skye étaient conscients du fait que le personnel de sécurité avait des antécédents violents contre des civils innocents, en particulier pendant les expulsions.

Des informations détaillées sur les poursuites sont disponibles sur un site dédié aux affaires.

En juillet 2013, la Cour supérieure de l’Ontario a statué que HudBay, la société mère, peut être jugée pour les abus allégués. La Cour a conclu que la déclaration allègue suffisamment de faits de manière à ce que HudBay pouvait être tenue directement responsable de sa propre négligence et garde ouverte la possibilité que HudBay puisse être responsable d’un des actes de sa filiale guatémaltèque. Le jugement pourrait s’avérer crucial dans d’autres cas qui cherchent à responsabiliser les sociétés mères canadiennes.

Les plaignants sont représentés par le cabinet d’avocats Klippensteins à Toronto.

New York Times, 2 avril 2016 (en anglais)

Vice News, 2 avril 2016 (en anglais)

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