Ramiro Osorio Cristales

Ramiro Osorio Cristales était enfant quand les militaires ont assassiné toute sa famille et il est un des seuls survivants du massacre de Dos Erres. Il est venu au Canada dans le cadre d’un programme de protection des témoins il y a plusieurs années et il est maintenant citoyen canadien

Ramiro Osorio Cristales est né à La Libertad, au Guatemala, en 1977. Il vécut ensuite à Dos Erres, jusqu’en décembre 1982; il avait alors 5 ans. Il vécut avec ses parents et ses 6 frères et sœurs. Ramiro a témoigné de ses souvenirs d’enfance de cette nuit particulière durant laquelle des hommes sont venus frapper à leur porte. Son père s’est levé et a demandé qui était là. Quelqu’un lui ordonna d’ouvrir la porte ou il allait la défoncer. Dès que son père ouvrit la porte, les hommes entrèrent dans la maison et ont commencé à battre son père en criant à tout le monde de se lever. Ils ont ligoté son père et son frère aîné avec leurs mains derrière le dos. Les hommes ont ensuite défilé toute la famille au centre du village.

Son père et son frère aîné ont été mis dans une école. Ramiro, sa mère, ses frères et sœur ont été mis dans une église. Les hommes étaient armés de fusils. Beaucoup d’autres femmes et enfants furent regroupés à l’église. Les gens pleuraient parce qu’ils avaient peur. L’église étant gardée, Ramiro et sa famille ne purent pas sortir. Les hommes qui gardaient l’église n’étaient pas du village de Dos Erres.

Ramiro entendit les cris d’hommes disant « s’il vous plaît ne nous tuez pas, nous ne savons rien, ne nous tuez pas ». Les femmes dans l’église étaient en larmes. Elles savaient qu’il se passait quelque chose de terrible.

Dès qu’ils ont « terminé » avec les hommes plus âgés, ils ont commencé à faire sortir les femmes de l’église. Les hommes ont attrapé les femmes par les cheveux pour les forcer à sortir dehors. Certaines étaient de jeunes filles et des adolescentes. Ramiro entendit sa mère dire « s’il vous plaît ne prenez pas mes enfants ». À cette époque, étant un jeune enfant, Ramiro ne savait pas ce que signifiait le viol, mais il a entendu une fille crier à sa mère de lui venir en aide, car un homme lui faisait du mal.

Ramiro pouvait voir ce qui était infligé aux femmes qui étaient dehors en raison de la façon dont les murs de l’église avaient été construits, c’est-à-dire avec des lattes en bois. Les hommes ont pris les femmes à l’arrière de l’église où il y avait un puit. La seule chose que Ramiro pouvait entendre au sein de l’église était des pleurs et des cris à l’aide.

Les enfants en bas âge ne sachant pas encore marcher furent arrachés à leurs mères par les hommes armés. Derrière l’église, ils furent tués comme des bêtes. Ils étaient pris par les jambes et frappés contre des arbres. Un homme est entré dans l’église et dit, « si vous savez prier, priez, parce que personne ne viendra vous sauver ».

Lorsque ce fut le tour de sa mère, Ramiro se souvint d’avoir agrippé les jambes de sa mère avec ses frères alors qu’ils combattaient les hommes armés pour les empêcher de prendre leur mère. Ramiro a en quelque sorte lâché la jambe de sa mère et a été placé à l’intérieur de l’église par les hommes. Il courut à l’arrière de l’église pour voir où les hommes allaient prendre sa mère. Elle hurlait à l’aide, en disant : « s’il vous plaît ne nous tuez pas ». Les hommes l’ont prise vers le puits et c’est là qu’il entendit ses cris disant : « s’il vous plaît, ne tuez pas mes enfants ». Ramiro cessa de pleurer parce qu’il était tellement fatigué qu’il s’endormit sous une paillasse. Lorsqu’il s’est réveillé, il ne restait que quatre enfants avec lui à l’église.

Ramiro est l’un des seuls deux survivants du massacre de Dos Erres au Guatemala de 1982. Il a témoigné à nombreuses reprises dans les cas visant à responsabiliser les soldats et officiers qui avaient effectué le massacre, y compris Jorge Sosa Orantes. En savoir plus sur le travail du CCIJ sur l’affaire Sosa Orantes.

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