Madrid, Paris, Ottawa, Québec, Washington, Los Angeles, Ciudad de Guatemala, San José, Tegucigalpa, El Progreso, le 12 septembre 2018.

Dix-sept organisations internationales et honduriennes, réunissant des experts en droits humains, en droit international et en droit hondurien, participeront à une mission d’observation lors du premier procès concernant l’assassinat de la défenseure des droits humains Berta Cáceres. Huit accusés seront jugés à Tegucigalpa (Honduras) du 17 septembre au 19 octobre 2018 pour le meurtre de la leader autochtone Lenca et pour la tentative d’assassinat du militant environnementaliste mexicain Gustavo Castor. L’objectif de cette mission est de veiller à ce que le procès soit conduit en conformité avec les normes nationales et internationales. Les observateurs porteront une attention particulière au droit à un procès équitable, au droit à un recours effectif et au droit d’accès à la justice pour les victimes.

« La bonne administration de la justice est une composante essentielle de l’état de droit. Un système juridique opérationnel qui démontre son indépendance et son impartialité est fondamental pour toute société démocratique fondée sur le respect des droits humains », ont déclaré les organisations participantes. Les organisateurs ont annoncé au Président de la Cour suprême du Honduras la mise en place de cettemission.

Berta Cáceres Flores, coordinatrice du Conseil civique des organisations populaires et autochtones du Honduras, a été assassinée le 2 mars 2016, à son domicile situé à La Esperanza, dans le département d’Intibucá, au Honduras.

Non seulement défenseure du droit à la terre, Berta Cáceres œuvrait à la protection des droits culturels des paysans et des peuples autochtones, et des droits des femmes. Elle a été une leader sociale distinguée et lauréate du prix Goldman 2015, plus haute distinction pour les personnes dévouées à la protection de l’environnement.

Sa lutte et son travail en faveur des droits humains lui ont valu de nombreuses menaces de mort et ont fait d’elle la cible de campagnes de stigmatisation et de criminalisation. Cela a conduit la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) à lui accorder des mesures de protection préventives, et ce, depuis 2009.

« La CIDH a reconnu à plusieurs reprises l’existence d’une impunité structurelle au Honduras et, pour cette raison, notre mission est un effort opportun pour observer le processus judiciaire et assurer sa conformité avec les normes internationales », ont ajouté les organisations participantes.

Au cours de cette mission d’observation, les différents groupes rencontreront des agents publics, des procureurs, diverses missions diplomatiques et organisations de défense des droits humains, ainsi que les avocats de la défense et les représentants des victimes, afin d’avoir une vision complète du procès.

Les organisations participantes appellent les autorités honduriennes à veiller à ce que le procès se déroule dans le respect des normes juridiques nationales et en conformité avec les obligations internationales du Honduras en matière des droits humains. Ceci est particulièrement pertinent à un moment où les feux de l’actualité internationale sont braqués sur la situation des défenseurs des droits humains au Honduras.

Contacts

Canada : Geneviève Morency, Avocats sans Frontières

Canada :  Amanda Ghahremani, Centre canadien pour la justice internationale

Colombie : Reynaldo Villalba, Corporación Colectivo de Abogados José Alvear Restrepo

Espagne/France : Mikel Cordoba, Observatoire International des Avocats

États-Unis : Annie Bird, Guatemala Human Rights Commission – USA

États-Unis : Katharine Valencia, Due Process of Law Foundation

États-Unis : Joseph Berra, The Promise Institute for Human Rights, UCLA School of Law

États-Unis : Lauren Carasik, National Lawyers Guild

France : Natalia Yaya, International Federation for Human Rights

Guatemala : Francisco Soto, Centro de Acción Legal para los Derechos Humanos

Guatemala : Denis Martinez, Impunity Watch

Guatemala : Anabella Sibrián, Plataforma Internacional contra la Impunidad

Honduras : Equipo de Reflexión, Investigación y Comunicación

Honduras : Wilfredo Méndez, Centro de Investigación y Promoción de los Derechos Humanos.

International : International Commission of Jurists

Nicaragua : El Centro de Asistencia Legal a Pueblos Indígenas

Régional : Francisca Stuardo, CEJIL

Affirmant le droit fondamental à un procès équitable garanti par l’article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et reconnaissant la Résolution 60/147 des Nations Unies sur le droit des victimes de violations graves des droits humains aux recours et aux réparations, nous invoquons l’article 9(3)(b) de la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’Homme qui reconnaît le droit des observateurs au procès « [d]’assister aux audiences, procédures et procès publics afin de se faire une opinion sur leur conformité avec la législation nationale et les obligations et engagements internationaux applicables ».

Cliquez ici pour consulter la version originale du communiqué de presse en espagnol.

Photo : Berta Zúñiga Cáceres, la fille de Berta Cáceres. (C) Daniel Cima / CIDH.